Quid de la valeur travail ?

Le nouveau thème à la mode est:  se suicider au travail

On croyait cette extrémité réservée au Japon des années 80, quand le miracle économique sur l’archipel nippon faisait baver d’envie les gouvernants de la défunte Union de la Gauche. Ils ne faisaient pas que baver: Tel un Charles Martel moderne Laurent Fabius arrêtait les magnétoscopes japonais à Poitiers.
Les magnétoscopes ont passé de mode, comme Fabius, L’Union de la Gauche a rejoint le Panthéon des mythes sympathiques et la réalité du capitalisme mondialisé nous a rattrapé: On se suicide au travail dans les fleurons des entreprises françaises, France Telecom, Renault, sans compter les drames dont on ne parlera jamais et qui sont probablement les plus nombreux.

Que se passe-t-il donc ?

“Mon boulot, c’est ma vie”… Qui  n’a jamais entendu ce genre de propos?

Si on ne travaille pas, on n’a droit à rien (sinon se taire et chercher un emploi). Découvert ou crédit bancaire, logement, intégration du bébé à la crèche ou de l’enfant à la cantine, grève, représentation sociale : sans justificatif de revenu salarié – comme si c’était encore fiable ! – ou de temps consacré à un travail, point de salut… Et il faut de bonnes excuses (maternité, maladie, invalidité, retraite) pour expliquer son “inactivité” sans être soupçonné de déviance.
Vous devez bosser, sinon vous êtes suspect, et si on veut pas de vous, c’est que vous êtes coupable !

Cette incroyable pression  détruit des vies, les grands chefs ont indiqué la direction, des petits chefs font rouler la machine et on en est là, en 2009, en France, en Europe, dans une société ou des hommes se tuent au travail, littéralement..

C’est là qu’on se rappelle que dans la Rome Antique, le travail était déshonorant : les esclaves étaient là pour éviter cette humiliation à leurs propriétaires.  En effet, le mot “travail” vient du latin populaire “tripaliare” qui signifie torturer, tourmenter avec le tripalium, supplice infligé aux esclaves désobéissants (pendus tête en bas à un trépied, on les rouait de coups de bâton) !

A coup de rationalisations, Kaizen, méthode Toyota et management par objectifs, la recherche d’une productivité toujours plus élevée a abouti à un système pire que le tripalium des anciens.

Ce n’est plus la punition qui est la torture, mais le quotidien, ce n’est plus réservé aux esclaves, mais appliqué à tout le monde.

Tout le monde ? vraiment ?

Tags: grands chefs, bonnes excuses, charles martel, rome antique, archipel nippon

Une réponse à to “Quid de la valeur travail ?”

  • Alhugo dit :

    Et vous en concluez quoi? Il y a des tas de gens qui travaillent beaucoup et ne se suicident pas, si c’est tellement dur pour quelques uns, c’est que la valeur travail se perd justement. Et le kaizen n’a rien à voir avec les suicides, c’est dans les bureaux que ça se passe chez des gens trop stressés.

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