2-Utopie
Q : Il est impossible de garantir un résultat positif tous les ans pour une entreprise dans une économie de marché. C’est une utopie. Mais comment comptez vous faire ?
R : Il est vrai que dans le système du capitalisme actuel il n’est pas possible de garantir un résultat positif tous les ans. C’est bien le drame des salariés qui sont exclus de l’entreprise dès qu’il y a une baisse de résultat ou un résultat négatif. La masse salariale est d’une rigidité telle que pour s’ajuster à une baisse de rendement ou une baisse d’activité il faut tailler dans les effectifs.
Dans le système actuel ce sont les actionnaires qui prennent les risques d’un résultat négatif. Ils mettent donc tout en œuvre pour éviter cette situation. Le meilleur moyen c’est de pousser la rentabilité au maximum, celle des machines et celle des hommes. Et c’est également le meilleur moyen de rentabiliser le capital investi.
Le capitalisme donne la priorité au capital, pas aux hommes.
Les dérives et les excès que nous constatons dans certaines entreprises aliment la lutte des classes et peuvent déclencher des excès inverses.
Pour améliorer la situation il convient de proposer une alternative humaniste au capitalisme financier actuel. Il faut également mettre l’entreprise dans une situation de rentabilité garantie.
Examinons la motivation professionnelle des salariés d’une entreprise. Le « patron » est le plus motivé pour faire du résultat et le « smicar » le moins motivé. La motivation est proportionnelle à la responsabilité hiérarchique et à la rémunération. Ce qui nous semble normal.
Si le « smicar » avait la même motivation que le « patron » est-ce que la rentabilité de l’entreprise serait meilleure ? Probablement. C’est ce pari que je fais en proposant que tous les salariés soient actionnaires dans une EHRG. Si la rentabilité est meilleure la probabilité de faire un résultat négatif diminue. Mais pour éviter définitivement les licenciements économiques il faut trouver une flexibilité significative de la masse salariale et une implication forte des salariés à trouver d’autres solutions que la réduction des effectifs pour rester rentable en cas de situation difficile.
Je propose dans une EHRG un salaire social (mini garanti par l’entreprise) et un salaire variable pour tous les salariés. Le salaire social est compatible avec les minima conventionnels et le salaire variable est fonction de l’activité et de la rentabilité. Chaque salarié aurait ainsi un salaire social garanti, des dividendes garantis (comme actionnaire) et un salaire variable qui correspond au risque de l’entrepreneur. Si l’entreprise marche bien le salaire variable sera élevé ; si l’entreprise est en difficulté c’est le salaire variable qui fait amortisseur. Dans une EHRG tous les salariés sont des entrepreneurs avec la motivation d’un entrepreneur qui recherche l’efficacité globale de son entreprise sans dégrader les conditions de travail. Nous obtenons par ce système de rémunération en trois parties une garantie de ressource (salaire social), une garantie de rendement du capital investi (sans excès) et une forte motivation pour maintenir l’entreprise dans une situation rentable car le salaire variable en dépend. Dans une EHRG ce sont les salariés actionnaires qui prennent le risque de l’entrepreneur.
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