Consulter le personnel coûte cher (temps) et jamais plus de 50 % de l’effectif prend la peine de s’exprimer. Je préside le Comité d’Entreprise de notre société depuis plus de 15 ans et les élections des délégués du personnel ou du CE ne drainent pas les foules. Les groupes de travail ou de réflexion consomment beaucoup de temps et risquent d’empiéter sur les prérogatives des délégués du personnel, du CE ou du CHSCT. Même quand on prend la peine de faire participer, d’expliquer, d’évangéliser, on s’aperçoit très vite des limites de l’exercice : la majeure partie des salariés actionnaires a une faible capacité de proposition : manque de compréhension, manque de compétence, d’intérêt ( ?), d’audace pour affirmer ses convictions, ou bien ont une confiance aveugle dans les dirigeants ? Je ne sais pas mais je constate.
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Le titre de ton livre est beau, optimiste, volontaire mais il comporte un postulat à mon sens impossible : résultat garanti. Un résultat (d’une action, d’une entreprise) est par essence aléatoire. Il ne peut être garanti. Prétendre le contraire ne peut être le fait que d’une imposture (mais je sais bien que ce n’est pas le cas), d’un optimisme un peu naïf, ou d’une très forte conviction personnelle, résistant aux dures réalités de la vie (c’est je pense dans ce contexte qu’il faut situer ton analyse).
Jean-Paul,
Tout ce que tu énumères me paraît vraiment criant de vérité, cohérent et séduisant … et tes « petites » piques (liées à une certaine aigreur ?) ajoutent du piment à ton propos .
Mais, pour moi, tes idées me semblent un peu surréalistes (n’est-ce pas la lutte du pot de terre contre le pot de fer ?) .
Néanmoins je t’encourage à continuer d’avancer dans ta démarche … que je soutiendrai dans la mesure de mes possibilités .
Michel
Salut J Paul
J’ai visionné ta vidéo. Tu es égal à toi même. Juste une remarque, je te trouve utopique comme je te le disais dans mon mail précédent, mais il faut de l’utopie pour faire avancer les choses.
Tu te souviens de notre prise de parts sociales dans le groupement de producteurs de pomme de terre « Cuma PDT 2000 », nous y avons cru très fort mais quelle désillusion. Les.23 producteurs engagés à cultiver une certaine surface en PDT et qui devaient réaliser des investissements importants (y compris dans un robot de tri car la CUMA voulait maitriser la filière du plant de PDT du départ jusqu’au super marché) n’ont rien gagnés. Aucun retour sur investissement. Nous n’avons pas eu de meilleur résultat avec la coopérative que si nous avions vendu les mêmes PDT à un intermédiaire privé, aucune marge supplémentaire.
Salut Jean Paul
Ton livre est juste et louable pour toute entreprise humaniste au sens large. Il est très littéraire. Tu touches du doigt des problèmes réels, mais je pense que tu as une vision un peu utopiste du chômeur. J’en ai croisé un certains nombre dans mon activité salariée et j’en croise à nouveau dans mes actions bénévoles notamment avec l’Association Crésus qui aide les surendettés.
Notre système d’indemnisation ne favorise pas l’engagement au retour à l’emploi volontaire et ton projet ne motivera pas le chômeur qui n’a pas de culture d’entreprise. Et crois moi dans les milieux sociaux très populaire ce n’est pas une notion à l’ordre du jour, hélas.
En bonus de mes commentaires: parmi les sujets qui me trottent dans la tête, en relation avec la crise actuelle, qui prouve la débilité de l’approche du « tout pour la finance », du « tout pour ma gueule »…. :
J’ai trouvé ton texte clair et facile à lire. Ton approche est réaliste et équilibrée et modeste. Tu ne proposes pas de tout casser pour créer un monde meilleur. Tu cherches à améliorer la société, mais sans trop d’illusion sur l’espèce humaine. Tout comme dans notre cas : insertion et aide ne veulent pas dire angélisme. Il y a des « remontage de bretelles » salutaires, mais électoralement impossibles.
Ceux en charge de la défense des salariés sont parfois de grands exploiteurs, les CE de EdF et SNCF en sont la preuve. Autre exemple : le système soviétique n’était au départ basé que sur de bonnes intentions. Nous savons où les perversions et détournement successifs l’ont conduit, avec au passage d’énormes dégâts. D’où la nécessité d’un système de régulation/contrôle que tu mentionnes. J’ai apprécié aussi ta prise en compte des différences et le fait que la solution universelle n’existe pas.
Ta démonstration de l’EHRG est tellement convaincante avec les exemples que tu donnes, que je me demande où est le piège ?
A titre d’argument, je suis depuis 10 ans co-dirigeant d’une SA, à titre totalement bénévole avec une équipe de retraités comme moi. Nous avons entendu de la part de différents interlocuteurs (ANPE, administrations diverses, etc …) que ce mode de direction ne pouvait pas fonctionner. Ma réponse dans ce cas est la suivante : si vous n’avez jamais rencontré la générosité, vous ne pouvez pas comprendre !! Mais il y a quand même 10 ans que cela dure. Nous avons actuellement 11 salariés et en plus nous avons remis en selle sur le marché du travail plus de 20 autres, au titre de l’insertion.
Toutefois je n’en ferais pas un principe en demandant que tous les dirigeants soient bénévoles, mais simplement qu’ils soient pour certains moins gourmands, surtout en cas d’échec lourd de leur part.
C’est avec grand plaisir que j’ai lu ton texte. Et je partage tes points de vue et commentaires. Ta proposition de l’EHRG est originale et pourrait être un modèle (une des solutions) pour aider à sortir de la crise actuelle. Car je ne crois pas un instant que les mesures prises pour nous sortir de la crise seront efficaces. Il s’agit de faire revivre l’ancien système pour pouvoir le ponctionner à nouveau. Car ce sont ceux qui ont profité de la crise qui inventent les moyens d’en sortir pour de nouveaux profits à venir. Rien n’a donc changé en profondeur.
Tes propositions sont-elles dans le domaine de l’utopie ? Pour certains certainement, mais de mon point de vue pas autant que certains le pensent. Je suis sensible à l’entropie naturelle omniprésente: et même si ce que l’ont fait ne sert pas à grand chose, c’est indispensable pour ne pas régresser, pour que ce ne soit pas pire. D’un autre côté être Don Quichotte n’est pas très efficace. Tout est dans l’équilibre et la complémentarité, comme tu le dis.
Hervé Kautzmann, 40 ans, PDG, Transports Europe Service.
Comment avez-vous décidé de reprendre une entreprise ? En tant que cadre, j’avais exercé différentes responsabilités dans le marketing et la vente. A mon dernier poste, j’avais une cinquantaine de personnes sous ma responsabilité. Les contraintes ressemblaient à celles d’un chef d’entreprise et j’y ai pris goût. J’ai donc décidé de me lancer à la recherche d’une PME à reprendre, je m’étais fixé plusieurs conditions : retourner en Alsace, ma région d’origine, et utiliser mes compétences linguistiques. Finalement, j’ai eu peu d’opportunités ! J’ai repéré 6 affaires et j’en ai analysé 2, avec l’aide d’un expert-comptable. La négociation a abouti au bout de 8 mois. Au total, il s’est passé une année entre le moment où j’ai quitté mon poste et le moment où j’ai repris une PME.