Extrait du site scop.org :
Les Sociétés Coopératives de Production – SCOP – sont des sociétés commerciales. Elles vivent et se développent dans le secteur concurrentiel classique.
Leur originalité : les salariés sont les actionnaires majoritaires de leur entreprise. Ensemble, et chacun avec un poids égal, les salariés associés ou actionnaires décident des grandes orientations et élisent les dirigeants qui vont piloter leur entreprise.
Entreprendre en coopérative, c’est entreprendre ensemble, autrement. C’est privilégier un fonctionnement participatif en interne et pouvoir se développer dans un réseau de solidarités . C’est aussi bénéficier des services apportés par l’Union Régionale et les fédérations professionnelles, ainsi que des outils de financement propres au Mouvement Coopératif.
Les principes qui fondent les coopératives sont apparus au XIXème siècle. Ils conservent aujourd’hui une grande modernité : mutualisation des moyens, fonctionnement démocratique, accession à la responsabilité et à l’initiative économique.
En un mot : mettre les hommes et les femmes au coeur de l’entreprise.
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Bureaucratie: maladie sociale systémique redoutable, infecte toute organisation humaine à partir d’une certaine taille. Ceci inclut les administrations, entreprises, églises, associations ou partis politiques.
En général, l’infection se généralise dans l’organisme jusqu’à le muter: il va renier son identité, ses objectifs, ses idéaux. Une fois déclarée, la maladie se développe inéluctablement jusqu’à l’issue fatale:
Il n’y a pas de traitement, seulement des soins palliatifs.
La bureaucratie nait de la peur: la peur du chef, la peur de se tromper, la peur de ne pas avoir le contrôle, la peur de ne pas savoir. Elle est naturellement renforcée dans les systèmes autoritaires, centralisés, inefficaces, ou tout remonte au sommet d’une hiérarchie qui ne décide rien, mais domine impitoyablement une troupe d’anonymes qui a peur de tout. Si la bureaucratie n’a pas de remède, le courage politique, la transparence, l’implication des acteurs (salariés, citoyens…), la décentralisation, sont autant de moyens de prévention collective efficaces.
La bureaucratie ne peut pas se combattre au niveau individuel, en effet, elle dispose de ressources immenses et le temps ne compte pas pour elle. Pour éviter d’en être victime, il n’y a que des stratégies d’évitement: ne pas se laisser piéger et rester un cas “standard” qui rentre dans les bonnes cases. Pour cela, tous les moyens sont bons, en particulier la dissimulation, la “simplification abusive”: ce que la bureaucratie ne sait pas ne pourra pas lui poser de problème, et donc se retourner contre vous.
Un espoir existe cependant pour les victimes individuelles de la bureaucratie: elle ne prospère que dans l’ombre de l’anonymat, elle n’aime pas la lumière: porter une affaire absurde sur la place publique, nommer les organismes atteints, voire interpeller publiquement les “irresponsables” en charge du dossier au travers des médias, en faire une “cause”, tout cela provoque une forme d’allergie aigüe et un “rejet” de l’individu pris dans le piège. Dans ce cas, une “solution” apparait de nulle part, l’affaire “s’arrange ” sans raison évidente. Il ne faut pas chercher à comprendre cette rémission spontanée et sauver sa peau.
Les victimes collectives d’une bureaucratie déclarée ne peuvent que se révolter, manifester, protester plus ou moins pacifiquement: ce sera en vain. Cependant,la maladie étant mortelle, toutes les bureaucraties retournent un jour brutalement au néant. Des empires ont disparu, le rideau de fer s’est écroulé…., les bureaucraties implosent, s’effondrent sur elles-même car tout ce qui change les menace.
Voilà leur seul ennemi: une idée minuscule mais inédite qui se propage, une innovation qui les rend obsolètes, l’évolution.
C’est quoi un dirigeant ? Autrefois, on aurait dit c’est le patron, mais le mot est devenu ambivalent: ringard (petit patron !) voire péjoratif dans la bouche d’un syndicaliste, arrogant (grand patron !) quand il est associé à certains comportements, alors dirigeant, c’est mieux, plus neutre. Le dirigeant c’est l’individu qui dirige, il vaut mieux d’ailleurs, sinon l’entreprise cours à sa perte comme un poulet sans tête…
Il y a toute sorte de dirigeants, des salariés, des familiaux, des exécutifs, des non exécutifs, des bénévoles, des super riches avec stock-options et avantages faramineux et des fauchés avec des dettes. Il y en a surtout des bons et des mauvais, comme chez les boulangers, les profs et les joueurs de foot.
Et puis il y a les dirigeants qu’on voit dans les médias, et les autres, les plus nombreux. Chacun a son idée du dirigeant – du patron – mais leurs situations réelles sont aussi diverses que les entreprises qu’ils dirigent.
Finalement on n’y échappe pas: on est dirigeant ou dirigé, parfois les deux à la fois, ou alors on reste tout seul, et il reste à se diriger soi-même, Pour diriger, il faut prendre une direction, et à défaut de connaitre l’avenir d’un monde changeant, il faut avoir une vision ou une envie, ou les deux, et le talent de les faire partager.
Il reste à choisir les dirigeants, à faire le tri entre ceux qui vont quelque part et ceux qui se contentent de profiter des avantages de la position.
Et là, on se dit que les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs : s’il leur faut toujours plus d’argent pour satisfaire leur ego c’est peut-être qu’il n’ont rien d’autre a faire valoir: alors méfiance!
Entreprise: Elle est composée du DISC: Ce sont des partenaires, tous indispensables, et cités dans un ordre arbitraire, choisi simplement pour fabriquer un sigle facile à mémoriser: le DISC - Dirigeants - Investisseurs ou actionnaires - Salariés - Clients
Une entreprise saine ( good business) est profitable au DISC: - Les investisseurs touchent des dividendes et voient leur mise initiale se valoriser. - Les salariés gagnent correctement leur vie et voient leur emploi pérennisé. Ils ont des perspectives stables et travaillent dans une bonne ambiance. - Les dirigeants satisfont leur ego avec un minimum de stress. - Les clients reviennent puisqu’ils sont satisfaits du service rendu à un prix convenable ( good value for the money).
Tout le monde est gagnant: Cela ne va pas sans quelques disputes, car chacun aimerait une plus grosse part du gâteau, mais on peut trouver un accord ressenti comme juste: Tout le monde va dans le même sens et l’intérêt de chacun étant assez proche de l’intérêt général, le fonctionnement global de l’entreprise s’en trouve optimisé
Les invités: - Les Banquiers. - L’Etat qui est une trinité : Fisc, Sécu, et Administration. - Les Fournisseurs. - Les Tapeurs : Ceux qui tapent à la porte pour réclamer une contribution.
Ils sont invités dans l’entreprise parce qu’ils ne sont pas essentiels à son existence même, elle pourrait – à la limite – exister sans eux. Ils rendent néanmoins des services, de qualité et d’intensité variables, mais réels, et on ne peut guère imaginer une entreprise sans ces invités à sa table. Inutile de fabriquer un sigle pour les mémoriser tous, ce sont les invités qui se souviennent de l’entreprise, et savent très bien la relancer.
Ca sert à quoi un actionnaire ? A s’en mettre plein la poche au dépend des salariés.
C’est la conclusion sans appel de la gauche de 1981, celle du programme commun et des nationalisations. On connait la suite: le capitalisme libéral qui repart de l’avant avec Reagan en 1981, puis M. Thatcher, la chute du mur de Berlin, le triomphe du bling bling ( pas vieux, en 2007 !) et badaboum: la crise !
Alors aujourd’hui ça sert à quoi un actionnaire ? La vraie question n’est plus de choisir entre une économie de la libre entreprise et une économie dirigée, le véritable enjeu est devenu celui de la répartition des revenus et de la propriété. Cela pose un problème économique essentiel, et pas seulement moral et politique.
Il est, par exemple, presque absurde de rester actionnaire d’une pme en France, si on n’y exerce pas des fonctions dirigeantes. Il vaut mieux vendre ses parts pour aider ses enfants à acquérir leur appartement, et cela concerne beaucoup plus de monde que les quelques très riches qui deviennent Belges ou Suisses.
Ces sociétés ne sont pas cotées à la bourse, mais elles font l’écosystème économique du pays.L’actionnaire porte le risque de l’entrepreneur, quand il perd, tant pis pour lui, mais quand il gagne ( et parfois même avant !) le fisc veille ! Alors les vocations se font rares, les pme françaises sont largement sous-capitalisées et dépendent excessivement des prêts banquaires. Donc, un actionnaire ça sert à ne pas dépendre des banques, ça sert surtout à porter le risque et à assumer les pertes. En France, il y a clairement une crise des vocations, les premiers actionnaires sont souvent familiaux, mais la fidélité au cousin qui a fondé la boite s’efface devant la dureté de la vie, le chômage, les enfants qui cherchent à s’installer… Progressivement ces actionnaires vendent, soit à quelques dirigeants qui concentrent toute la proprièté ( en s’endettant – de trop -), soit à des groupes étrangers qui bénéficient de conditions qui mettent les nationaux hors-jeu!
Le drame est que cela transforme la France en un état de prolétaires – qui vendent leur travail – dans un monde capitaliste où la propriété de l’entreprise est un enjeu stratégique…. Quand on pense que la Chine “communiste” l’a parfaitement compris, on a envie de crier ” Au secours” !
Le salariat est indispensable: Toutes les entreprises ont besoin de salariés, et surtout les plus grandes. Celles-ci développent en effet des modes d’organisation très spécifiques et forment (ou déforment ?) leurs troupes en conséquence. Le salariat ne fait plus recette: les carrières sont courtes, stressantes, peu rémunérées et se terminent mal: chômage et pauvreté. Les plus anciens se font piéger par un système qui se renie, les plus jeunes ont compris. Le salariat est en voie de disparition: Entreprises sans usines,contrat de projet,intérim généralisé, tout est bon pour jeter aux orties le contrat de travail qui se distingue du contrat commercial. Les (gros) employeurs d’aujourd’hui n’y voient que des avantages: le salarié est enfin une variable d’ajustement parmi d’autres! Les petits sont plus prudents, ils vivent et travaillent avec leurs salariés, associés à la vie de l’entreprise même s’ils ne participent pas au capital. N’importe quel artisan sait qu’il a intérêt à s’entendre avec son ou ses compagnons salariés, surtout s’ils sont sérieux et travailleurs. S’il les maltraite ils vont le quitter et devenir ses concurrents! Moins de salariés, ce serait donc plus de concurrents! C’est inévitable, et les entrepreneurs dynastiques, barons et autres bénéficiaires de situations acquises et assises vont s’en rendre compte.
Les gagnants de demain se recruteront chez les morts de faim plutôt que chez les repus. La roue tourne.